🗞️ Billet grinçant de Pépé Larcher
Édito d’ouverture du JT Dystopique
« Le monde sent le plastique fondu »
« Les vieux sentent la naphtaline, les jeunes sentent la peur,
mais le monde, lui, sent le plastique fondu. »
— Pépé Larcher, 2045, avant l’extinction des lampadaires
Pépé Larcher (voix râpeuse, ton fatigué, œil ironique) :
Ah mes p’tits loups…
Regardez-moi ce beau monde, brillant comme une étagère Ikea en solde !
Chaque semaine, ils nous sortent une invention pour nous sauver d’un désastre qu’ils ont eux-mêmes signé.
La planète crame, les bourses flambent, les discours s’éteignent : tout est cohérent, c’est presque artistique.
On a remplacé les penseurs par des influenceurs,
les paysans par des algorithmes,
et les poètes par des “managers du narratif”.
Résultat : la Terre ressemble à un vieux frigo qu’on secoue pour voir si la lumière marche encore à l’intérieur.
Sur le banc des accusés :
La liberté, devenue abonnement premium.
La vérité, reléguée en option payante.
Et la justice, qu’on télécharge en version d’essai.
Pendant qu’on compte nos kilowatts et nos QR codes,
les puissants jouent à Risk avec des missiles, des dettes, et nos lendemains.
Mais surtout, ne soyez pas pessimistes, hein !
Le pessimisme, c’est mauvais pour le PIB.
Alors, on repeint les ruines en vert et on appelle ça transition.
On installe des caméras pour “notre sécurité” et on appelle ça progrès humain.
Et quand un vieux grognon comme moi ouvre sa gueule, on appelle ça discours haineux.
Eh ben, qu’ils appellent ça comme ils veulent : moi, j’appelle ça la lucidité qui pique un peu.
Un monde qui surveille les chats avant de nourrir les enfants…
un monde qui se félicite de détecter les messages “à risque” pendant qu’il ferme les yeux sur les crimes d’État…
un monde où les marionnettes ont plus d’âme que les ministres…
C’est ça, mes loups, notre JT Dystopique : un miroir fêlé où on rit pour ne pas mordre.
(Pépé repose sa tasse de café froid, regarde la caméra, et conclut avec un soupir amusé.)
« Et dire qu’avant, on se plaignait juste du prix de l’essence… maintenant, on paie pour respirer. »

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